9 août 2026 - Réjeanne Lamothe s'entretient avec l'artiste Don Darby sous le thème : On vient d'où
- le bloguart

- 14 août
- 5 min de lecture

Pour réussir à aller chercher l’essence même d’un.e artiste, il faut être habité soi-même d’une habileté aiguisée et sensible pour demeurer à l’écoute de l’autre. C’est ce que nous a bien démontré Mme Réjeanne Lamothe, le 9 août dernier lors de son entretien avec
l’artiste sculpteur Don Darby.
Mme Lamothe, présidente du Club des collectionneurs et amoureux des arts visuels à Québec a su réunir des collaborateurs clés pour présenter cet artiste d’exception qu’est Don Darby. Dans l’atmosphère intimiste de l’Anglicane à Lévis, les membres du club et les invités ont pu y vivre une expérience humaine et respectueuse nous donnant l’impression d’être nous-même seul face à l’artiste. Il n’est pas toujours facile pour un artiste de se livrer à cœur ouvert. Pourtant, l’entretien s’est déroulé tout en douceur dans le respect et rempli de générosité autant d’un côté que de l’autre.
L'évènement a été introduit par Mme Cynthia Lamontagne, directrice générale artistique du Centre d'exposition Louise-Carrier et de l'Anglicane. Soulignant ainsi cette première activité qui fait suite à l'entente de collaboration avec le Centre et le Club des collectionneurs et amoureux des arts visuels de Québec.
S'en ai suivi une description de taille par M. Claude Vallières, historien et coordonnateur des arts visuels au Centre d’exposition Louise-Carrier. Il a tellement bien résumé toute l’oeuvre de M. Darby que je me suis dit qu’il n’y aurait pas grand chose à y ajouter. Et pourtant, oui! Il y en avait beaucoup plus.
ORIGINE
D’entrée en scène, Réjeanne Lamothe, présidente du club, nous a fait découvrir par le biais d’une de ses courtes vidéos la provenance de l’artiste - la Côte-Nord, plus particulièrement Baie-Comeau - où il a passé sa jeunesse et dont ses racines l’ont inspiré pendant toute sa carrière. C'est d'ailleurs au cours de l'entretien qu'il nous a dévoilé que les roches polies et sculptées par l’eau qui s'écoulait des glaciers, qu'il ne cessait d'observer, le ramenait constamment au questionnement suivant : On vient d’où ? Ce sont les éléments et les forces de la nature qui l'on inspiré dans la création de ses sculptures, entre autre : La Femme de Pékin et l’Homme de Pékin.
COLLECTIONNER POUR TRANSMETTRE
Il existe toute sorte d'intention chez un.e collectionneur.euse. Pour certain.e cela se résume qu’à besoin pécuniaire tandis que pour d'autres tout ce passe dans l'émotion. C'est ce qui se démarque chez le Club des collectionneurs et des amoureux des arts visuels à Québec - c'est le désir de rassembler, d'accompagner les collectionneurs et valoriser les artistes et les arts visuels. C'est dans cet esprit que s'est présenté le prochain invité M. Marc Bellemare, mécène et collectionneur assidu de M. Darby, lorsqu'il a pris la parole, et dont une de ses préoccupations est le besoin de transmettre à l’autre un bagage collectif héréditaire qui perdure dans le temps. Ce n’est donc pas à partir de ses acquisitions qu’il nous a parlé de M. Darby mais de la transmission. Avec une délicatesse et un respect qu’on sentait mutuel, M. Bellemare a raconté comment Don Darby, cet artiste chevronné, a réussi a amené ses enfants à piquer leur curiosité pour les amener à découvrir les arts visuels. Il a souligné ses qualités de transmetteur naturel pour faire découvrir l’art aux enfants. Ce qui nous ramène à l’essentiel : la transmission. La transmission de l’art chez les enfants est un don de soi qui les enrichira tout au long de leur vie. C’est une des plus belles richesse que l’on peut leur laisser.
L’art de voir et de toucher réveillent les autres sens
qui nous permettent d’entrer dans les profondeurs de l’existence
qu'est le temps présent.
Par la suite, M. André Bécot, artiste et grand ami de longue date de M. Darby, a été invité à prendre place pour parler de l’importance de la famille d’artistes en arts visuels. C'est à la suite d'une première rencontre à l'école des Beaux-Arts qui a marqué le début d'une grande amitié qui perdure encore aujourd'hui. Ils ont enseigné les arts au Cegep de Sainte-Foy pendant plusieurs années tout en continuant à exposer leurs œuvres dans de nombreuses galeries.
Et même, parfois dans un restaurant. C'est ce qui est advenu de la sculpture L'Homme de Pékin qui s'est retrouvé dans le restaurant de l'artiste peintre Marie Rioux pendant 10 ans. Ça prend de l'audace. M. Darby en a. Connaissant l'œuvre, aujourd'hui, ça devait donner toute une ambiance au restaurant.
DE DÉCOUVERTE EN DÉCOUVERTE
Monter une exposition de qualité, nécessite d'avoir un support moral et technique qui va jeter un regard nouveau sur l'ensemble des œuvres afin de faire une sélection judicieuse des pièces qui seront présentées. De là, est intervenu Mme Céline Gingras qui a généreusement collaboré au montage de l'exposition de M. Darby. Au cours de l'entretien, elle nous a fait entrer dans la caserne de l’artiste. Un lieu où gisent de nombreux dessins et croquis dont certains, à ce jour, non dévoilés. Dans les préparatifs de l'exposition, elle allait de découverte en découverte où des lignes et des formes sortant de mains de maître se sont griffées sur différents papiers. Sans nous montrer chacun des dessins un à un, c'est par le choix des mots que Mme Gingras nous a décrit l'atelier de M. Darby. Ses mots sont entrés dans ma tête comme si j’entrais dans la magie d’un livre. Ça m'a permis d’imaginer en toute liberté l’espace créatif de l’artiste. Par ses mots, je suis entrée dans mon imaginaire où je voyais bien comment avaient été déposés tous les dessins préparatoires aux œuvres qui allaient prendre forme dans un futur déterminé ou non. Empilés dans des endroits inusités où seul celui qui les a déposés peut s’y retrouver. Enfin, grâce à Mme Gingras que vous pourrez voir et vous procurer un ou quelques-uns de ces dessins qui sont pour la première fois présentés au grand public.
En visitant l'exposition, n'oubliez pas de porter un regard attentif aux dessins. Car ceux-ci permettent de mieux saisir la démarche artistique de l'artiste. Comprendre mieux comment il a su tirer les lignes du papier en les transposant en fils de métal soudés avec précision.
Ses sculptures occupent des espaces tridimensionnelles exécutées par un dessin spatial qui s'articulent comme des vaisseaux sanguins. Un travail de dure et longue haleine qui démontre la force créative et l'ingénierie de M. Darby.
UN ENTRETIEN QUI MARQUE L'IMAGINAIRE
Tout au long de l’entretien avec Don Darby, j’ai été plongée dans une atmosphère intimiste et personnelle qui caractérise l’approche de Réjeanne Lamothe. On a pu y découvrir un artiste toujours curieux, ingénieux et poursuivant toujours ses convictions. Don Darby a traversé le courant artistique de l’abstraction sans trop s’y attarder. Revenant toujours à ses créatures figuratives inspirées de la préhistoire qui se posent par elles-mêmes ou qui s’insèrent par surprise dans les objets du quotidien. Ces œuvres viennent définitivement laissées une trace dans notre imaginaire.
M. Don Darby - Un artiste exceptionnel, charismatique et généreux.

Cet entretien signé par Réjeanne Lamothe a réussi a cueillir un brin d’âme de l’artiste
Don Darby. Un moment mémorable et inoubliable qu’on s’assure d’y ramener une parcelle chez soi.
Carole-Diane pour le bloguart
Note: Ce texte n’est pas issu de l’IA mais bel et bien du fond du cœur suite à l'entretien auquel j'ai eu la chance d'assister. Et oui, il est encore possible d’écrire sans l’IA. Le fait de ne pas l'utiliser m'a pris plus de temps à rédiger mon texte. En bonus, j'ai revécu l'expérience de l'entretien sur une plus longue période.
L'exposition de Don Darby se poursuit jusqu'au 6 septembre 2026
Lieu:
Centre d’exposition Louise-Carrier
33, rue Wolfe
Lévis, Québec, Canada
Voir la vidéo d'introduction de l'entretien et autres documentations :


